The Calamity Club ou le retour de Kathryn Stockett

*The Calamity Club* est un roman historique captivant qui suit trois femmes unies face à l'injustice, au sexisme et aux lois eugénistes du Mississippi des années 1930. Plus ambitieux et maîtrisé que *La Couleur des sentiments*, Kathryn Stockett y livre un récit poignant sur la résilience, la solidarité féminine et la famille choisie.

07/31/2026

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Un peu parano

Abordons d'emblée le sujet qui fâche : Kathryn Stockett a passé la majeure partie de la dernière décennie dans une forme d'exil littéraire. La Couleur des sentiments (The Help) fut un phénomène éditorial devenu un véritable point de cristallisation culturel. Si une grande partie des critiques visait l'adaptation cinématographique (son récit du « sauveur blanc » et l'atténuation des aspects les plus durs du roman) elles ont néanmoins eu un effet dissuasif sur la réputation de Stockett en tant qu'écrivaine.

J'ai lu La Couleur des sentiments il y a quelques années et j'en suis ressorti bien plus impressionné que je ne l'aurais cru. The Calamity Club confirme ce que ce premier roman laissait déjà entrevoir : Stockett est une conteuse authentiquement talentueuse, capable de bâtir un univers, de le peupler de personnages auxquels on s'attache et de donner envie de tourner les pages sans jamais que cela ne paraisse laborieux. Nous accordons à bien des artistes beaucoup plus d'indulgence pour des fautes bien plus graves. Elle mérite une seconde chance, et ce roman en apporte la démonstration.

Là où La Couleur des sentiments s'intéressait aux questions raciales, The Calamity Club explore avant tout la condition féminine. C'est, au fond, un roman féministe sur ce qui arrive aux femmes lorsque les institutions censées les protéger — le mariage, la famille ou même la justice, les abandonnent. Les hommes y sont largement absents, si bien que les femmes n'ont d'autre choix que de se tourner les unes vers les autres.

L'histoire se déroule à Oxford, dans le Mississippi, en 1933, au croisement de la Grande Dépression, du sexisme institutionnalisé et des cruautés propres à une société résolue à maintenir chacun à la place qui lui est assignée. Elle suit trois femmes dont les destins finissent par se rejoindre : Meg, une orpheline de onze ans qui a appris à ses dépens que dépendre des autres est une faiblesse ; Birdie, une célibataire perspicace qui arrive à Oxford pour demander à sa sœur de l'argent afin de sauver la maison familiale ; et Charlie, la mère de Meg, à court d'options et porteuse de secrets qui finiront par faire voler en éclats l'équilibre fragile de tous.

Il faut un ou deux chapitres au roman pour véritablement trouver son rythme : les premières pages peuvent sembler un peu erratiques, le temps que Stockett installe son univers. Mais aux alentours du premier tiers, j'étais complètement captivé.

[Attention : spoilers]

Les trois intrigues sont bien distinctes tout en étant étroitement imbriquées, et Stockett passe de l'une à l'autre avec une telle assurance que la longueur considérable du roman paraît pleinement justifiée plutôt qu'excessive... du moins jusqu'à la fin.

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